Commerce de proximité : la nouvelle victime du gouvernement
By admin • juin 9th, 2008 • Category: Maxime des Gayets
Que ce soit à l’ouest du deuxième arrondissement comme aux alentours de la rue Montorgueil, le commerce de proximité devient de plus en plus exposé à la pression foncière.
Je le constate à chacune de mes rencontres sur le terrain : nombreuses sont les enseignes qui se retrouvent en difficulté et envisagent, à terme, de quitter notre quartier pour laisser la place aux grandes enseignes commerciales, seules capables d’assumer ces augmentations des loyers.
Face à cette évolution, nous agissons avec nos moyens. Par exemple et afin d’enrayer la disparition accélérée du petit commerce et des activités traditionnelles que subit le quartier Saint-Denis, vos élus ont chargé la Société d’Economie Mixte d’Aménagement de l’Est Parisien (Semaest) de se porter directement acquéreur de locaux d’activité (boutiques, ateliers, cabinets…). Depuis trois ans, 10 locaux ont été rachetés par la SEMAEST. Plusieurs peep-shows ont été fermés, et remplacés par différents commerces et services de proximité.
Dans la même optique, la gauche municipale a choisi d’inscrire dans le Plan Local d’Urbanisme (PLU), une disposition interdisant le changement de nature des locaux commerciaux pour plusieurs rues, dont la rue Montorgueil. Cet outil innovant de protection de la diversité commerciale a malheureusement été attaqué devant le Tribunal administratif par l’Etat qui en a obtenu l’annulation. La Ville de Paris a cependant décidé de faire appel.
Mais alors que notre côté nous oeuvrons pour préserver le commerce de proximité et lutter contre la mono-activité dans le centre de Paris, le gouvernement s’apprête à porter un coup fatal au petit commerce avec sa loi dite de « Modernisation économique ».
En effet, ce projet de loi organise une véritable distorsion de concurrence à l’avantage des grands groupes. Ainsi, l’organisation de semaines de soldes flottantes permettant de vendre à perte va favoriser les sociétés aux marges les plus élevées et risque d’aboutir à des ententes de dates et à des opérations de dumping.
De plus avec ce texte, plus aucun représentant des commerces indépendants et de proximité ne sera présent dans les futures Commissions Départementales d’Aménagement Commercial (CDAC).
Enfin, le projet de loi prive les élus d’outils précieux pour limiter l’implantation de grandes surfaces pour préserver le commerce locale. Le seuil nécessitant une autorisation d’implantation passe ainsi de 300m2 à 1.000m2. Plus généralement, les facilités d’implantation des grandes surfaces vont se traduire par la disparition de nombreux commerces de proximité dans le centre-ville.
Voilà pourquoi, comme de nombreux élus locaux, j’appuie les efforts que déploient actuellement les parlementaires socialistes pour contenir les effets négatifs du projet de loi « Modernisation économique ». Les députés de gauche ont d’ailleurs travaillé à une dizaine de propositions alternatives pour améliorer la politique économique et industrielle, qui sont téléchargeables ici.
http://www.deputes-socialistes.fr/medias//PDF/argumentairesXIII/LME.pdf
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