Prévention des toxicomanies : un effort bugétaire en 2009
By webmaster • déc 17th, 2008 • Category: Sylvie Wieviorka, Vos élus
Au cours du Conseil de Paris de décembre, j’ai souhaité, au nom des élus socialistes, radical de gauche et apparentés rappeller que nous sommes fiers de prendre une part active dans la prévention comme dans la réduction des risques pour les personnes dépendantes.
Aussi, vous retrouverez plus bas le contenu de mon intervention.
Je souhaite, avant d’aborder la question des subventions aux associations participant de la prévention des toxicomanies, rendre hommage au Pr Claude Olievenstein, décédé dimanche 14 décembre à Paris. On l’a surnommé « le médecin des toxicos ». Il fut le premier en France à se préoccuper de leur venir en aide. Il a créé à Paris le centre Médical Marmottan, rattaché au CHS de Perray-Vaucluse, premier centre français de soins aux tocicomanes. Ce fut un grand professionnel, un grand parisien, et il est juste que notre Conseil lui rende hommage.
La collectivité parisienne ne peut rester indifférente aux problèmes graves de santé publique posés par les conduites addictives, qu’il s’agisse des substances illicites, de l’alcool, du tabac, et même de ce que l’on appelle les « addictions sans drogues » tels que le jeu pathologique, la dépendance à l’internet ou aux jeu vidéos, qui peuvent avoir des répercussions graves sur l’équilibre psychologique et social des personnes.
Le soin, dans ces domaines, est une mission de l’Etat. Le département se préoccupe pour l’essentiel de prévention. Pour Paris, à travers la Mission de prévention des toxicomanies, de nombreuses actions sont soutenues telles que :
- La sensibilisation en milieu festif et autres contre les consommations excessives d’alcool chez les jeunesà travers le dispositif «fêtez clair»
- L’action de la «coordination toxicomanie 18ème» qui fera l’objet de la délibération n°385G lui accordant 157000 euros . Cette coordination mène une médiation de rue visant à faciliter l’accès des usagers de drogues aux structures sociales et sanitaires de l’arrondissementet met en place un travail partenarial avec les différentes institutions concernées par la toxicomanie: santé, police, justice, prévention, Politique de la Ville…).
- Un appel à projet pour expérimenter des actions de prévention de l’«abus d’écran» pour les jeunes
- Le renforcement des interventions auprès des publics précaires sur les usages de produits psychoactifs
- - Le soutien à l’association Charonne, qui apporte aux personnes ayant des difficultés psychologiques, sociales et médicales liées à une conduite toxicomaniaque, tout traitement et toute aide de nature à faciliter leur insertion. Les structures gérées par l’association se situent principalement au 3, quai d’Austerlitz (13e) où ses locaux accueillent un Centre Spécialisé de Soins pour Toxicomanes (CSST), gèrent 8 appartements de coordination thérapeutiques (ACT) et un centre de stabilisation. Elle administre également 2 Centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues (CAARUD) : « le Centre Beaurepaire » (9, rue Beaurepaire – 10e) et « La Boutique 18″ (84-86, rue Philippe de Girard – 18e).
La subvention qu’il vous est demandé de voter concerne le cofinancement, à hauteur de 26000 euros (avec la DGS, l’ INPES et la MILDT) d’un projet de recherche-évaluation du matériel (pipe à crack) et des messages de prévention délivrés aux usagers de crack du Nord-Est parisien par les Centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues (CAARUD) présents sur ce territoire. Jusqu’alors, aucun outil n’étant validé pour réduire les risques liés au crack, les crédits de l’assurance maladie ne peuvent intervenir pour leur achat. C’est conforme à la politique parisienne d’être dans ce tour de table. En effet, avant de diffuser du matériel pour réduire les risques vis à vis du virus du Sida et des Hépatites, encore faut il s’assurer de son efficacité. C’est l’objet de la présente recherche.
Monsieur le Maire, mes chers collègues, si nous ne pouvons nous substituer à l’Etat qui doit prendre en charge l’ensemble des soins aux personnes souffrant de pathologie addictives ainsi que la répression des trafics, nous pouvons prendre une part active dans la prévention comme dans la réduction des risques pour les personnes dépendantes. C’est ce que, à travers les associations et les projets que j’ai trop rapidement évoqués, nous faisons.
Sylvie Wieviorka
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