Le groupe de travail composé d’élus a rendu un avis favorable à l’expérimentation des salles de consommation à moindres risques
By webmaster • sept 27th, 2010 • Category: Sylvie Wieviorka
Vendredi 24 septembre dernier, une journée de synthèse a eu lieu à l’Hôtel de Ville de Paris afin que les élus locaux, ayant travaillé sur les centres de consommation à moindres risques, restituent leurs analyses et leurs recommandations.
Au début de l’année, grâce à l’attribution d’une subvention de la Ville de Paris ainsi que du soutien du conseil régional d’Ile-de-France, l’association Elus, Santé Publique et Territoire a mis en place un groupe de travail, dont j’ai fait partie. Composé d’élus de Paris issus des différents partis politiques représentés au Conseil de Paris, son objectif était d’auditionner des experts médicaux, sociaux et juridiques afin de réfléchir sur l’opportunité ou non d’ouvrir, à titre expérimental, des salles de consommations à moindres risques.
L’installation de ce groupe de travail faisait suite à un vœu que j’avais moi-même porté au Conseil de Paris de juin 2009, à la suite de la mise en place d’une « salle de consommation de drogues à moindre risque ». Cette expérimentation, le temps de la journée mondiale des hépatites du 19 mai, avaient été initiée par 6 associations engagées dans la réduction des risques, l’aide aux usagers et à leur entourage. Cette mobilisation associative, qui avait alors souligné l’efficacité de cette démarche de prévention, ne pouvait effectivement que nous interpeller, en tant qu’élu(e)s locaux confrontés aux réalités du terrain.
Aujourd’hui, après quelques mois d’audition et de visites de centres comme celui situé à Genève (quai 9) et à laquelle j’ai assisté, leur expérimentation en France s’avère être nécessaire. Ces salles de consommations, qui sont développées dans de nombreux pays européens comme l’Allemagne, la Suisse, l’Espagne ou la Norvège par exemple, ont effectivement montré leur utilité pour l’accueil et la prise en charge des usagers les plus marginalisés, pour améliorer l’accès aux soins et réduire la mortalité directe liée à l’usage de drogues, grâce à des conditions d’hygiène optimales et à la présence de professionnels médico-sociaux.
Notre groupe de travail a pu le constater. Les salles de consommation limitent les pratiques clandestines et participent ainsi d’une politique de prévention active, globale d’accompagnement vers le soin et l’insertion sociale des usagers de drogues marginalisés. Elles réduisent également les nuisances telles que, par exemple, la présence de seringues souillées dans l’espace public et limitent les tensions entre riverains et consommateurs de drogues.
C’est pourquoi, je suis convaincue, comme bon nombre de membres de ce groupe de travail, que nos recommandations devront peser dans le débat public qui est loin d’être achevé et, je l’espère, contribueront à la réflexion de la Commission parlementaire qui va se réunir très prochainement sur le sujet.

Visite de la salle de consommation Quai 9 à Genève, en présence de Jean-Marie Le Guen et de Véronique Dubarry
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En vous remerciant de la compréhension dont vous ferez preuve nous vous prions d’agréer Madame, Monsieur nos respectueuses salutations.
Je suis parfaitement en accord avec votre article, je trouve incroyable que ce genre de cause existe encore