Lors du Conseil de Paris des 2 et 3 février derniers, j’ai souhaité exprimer mon désaccord quant à la fermeture des Centres d’Adaptation Psycho-Pédagogiques (CAPP) à Paris.

By webmaster • fév 3rd, 2009 • Category: Sylvie Wieviorka, Vos élus

sylviewieviorka-150x150Dans ce contexte social grave, ainsi que l’ont démontré, jeudi dernier, les quelques 2 millions de manifestants descendus dans les rues de toute la France pour défendre leur pouvoir d’achat et surtout leurs services publics, à commencer par celui de l’éducation, nous avons souhaité, avec quelques conseillers de Paris socialistes, interpeller le Maire de Paris afin de savoir ce que la Ville comptait faire pour trouver les moyens de pérenniser l’action des CAPP.

En effet la politique du Ministère de l’Education nationale de réduction drastique des effectifs, qui se traduit en 2009 au niveau national par la suppression de 13 000 postes, conduit implacablement au démantèlement hier des Réseaux d’aides spécialisées aux enfants en difficulté (RASED) et aujourd’hui à la mise en danger des structures de soutien spécialisées pour les enfants les plus vulnérables que sont les Centres d’Adaptation Psycho-Pédagogiques (CAPP).

Il est absolument inacceptable que le Rectorat de Paris retire unilatéralement l’ensemble du personnel de l’Education nationale mis à disposition au sein des 11 Centres d’Adaptation Psycho-pédagogique (CAPP) dès la rentrée 2009.

D’autant plus que, depuis la convention du 22 novembre 2001, les CAPP sont placés sous l’autorité conjointe du Département de Paris et du Rectorat avec une répartition des moyens en personnels représentant deux tiers des effectifs pour la Ville de Paris et un tiers pour l’Education nationale : c’est-à-dire aujourd’hui 5 directeurs administratifs, 6 postes de psychologues scolaires et 26 enseignants, soit un total de 37 personnes.

Il doit être alors rappelé que ces structures de prévention, d’aide et de soutien assurent un accueil gratuit et le suivi de plus de 3.000 enfants scolarisés parmi les plus en difficulté, et qu’elles ont grandement fait la preuve de leur utilité et de leur efficacité au service de petits Parisiens, principalement issus de milieux très défavorisés.

Ainsi, la volonté du Rectorat de supprimer ces postes remet en cause le principe même de soutien par des équipes pluridisciplinaires, composées de médecins, pédopsychiatres, psychologues, rééducateurs, psychomotriciens, orthophonistes, assistantes sociales et d’enseignants spécialisés, alors même que de très fortes inquiétudes sont exprimées par les enseignants, la communauté éducative et les professionnels de la santé.

Dans un contexte globale de prise en compte insuffisante des questions de santé mentale et notamment de pédopsychiatrie, le désengagement brutal de l’Etat du fonctionnement de ces structures fait peser de lourdes menaces sur l’existence des 11 CAPP essentiellement répartis dans les 11ème, 18ème, 19ème et 20ème arrondissement.

En tant qu’élue de Paris et psychiatre en exercice, je ne peux que me mobiliser et contester cette politique destructrice d’un service public de l’éducation pourtant complémentaire et nécessaire, seul capable d’offrir un soutien spécialisé à des enfants en très grande difficulté.

Leave a Reply